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«La peinture ne doit pas être exclusivement visuelle ou rétinienne. Elle doit intéresser aussi la matière grise, notre “appétit de compréhension”. Il en est ainsi de tout ce que j’aime: je n’ai jamais voulu me limiter à un cercle étroit et j’ai toujours essayé d’être aussi “universel” que possible. C’est pourquoi, par exemple, je me suis mis à jouer aux échecs. En soi, le jeu d’échecs est un passe-temps, un jeu, quoi, auquel tout le monde peut jouer. Mais je l’ai pris très au sérieux et je m’y suis complu parce que j’ai trouvé des points de ressemblance entre la peinture et les échecs. En fait, quand vous faites une partie d’échecs, c’est comme si vous esquissiez quelque chose, ou comme si vous construisiez la “mécanique” qui vous fera gagner ou perdre. Le côté compétition de l’affaire n’a aucune importance, mais le jeu lui-même est très, très “plastique” et c’est probablement ce qui m’a attiré.» —Marcel Duchamp, dans Notes, Flammarion, collection «Champs», 1973
L’installation est constituée de huit tourne-disques modifiés, de huit haut-parleurs et d’un meuble / échiquier. Chaque colonne de l’échiquier — celui-ci comporte 8 colonnes (a à h) de 8 cases (1 à 8) — est associée à un tourne-disques. Dès qu’un coup est effectué, le nouveau mouvement modifie la vitesse d’un des 8 tourne-disques, donc de l’audio ambiant. Par exemple: si un joueur bouge un cavalier placé en b1 et le place en c3, alors la vitesse de rotation du tourne-disques assigné à la colonne b et celle assignée à la colonne c sont changées. Plus il y aura de pièces sur une colonne, plus la vitesse de rotation est grande, et l’inverse. Si une colonne ne comporte aucune pièce, le tourne-disques ne fonctionne plus. La résultante sonore est donc en perpétuel changement, car la révolution des tourne-disques varie en fonction du nombre de pièces que chaque colonne comporte, et ce nombre change chaque fois que des pièces sont déplacées, donc à chaque «parties». La vitesse à laquelle les disques tournent est donc fonction des coups possibles, ce qui constitue une exponentielle pure; il y aurait, selon certains mathématiciens, autant de parties possibles que d’atomes dans l’univers.
Image: Christian Morin, 07/2007
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Image: Christian Morin, 07/2007
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Image: Christian Morin, 07/2007
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Image: Érick d’Orion, 07/2007
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Image: Érick d’Orion, 07/2007
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Image: Paul Litherland, 2008
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Image: Paul Litherland, 2008
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Image: Paul Litherland, 2008
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Solo de musique concrète pour 6 pianos sans pianiste is a re-reading of the concept of the ruined piano in the form of an audio installation using beat-up old pianos. Six resonating pianos—one “bass” piano and five “accompaniment” pianos—create a multiple-source surround-sound audio installation. Viewers are invited to re-examine and listen anew to this “familiar” object without it being mediated by “classical” elements such as a musician or score. The six pianos from different periods respond to pulses from out-of-synch motors placed inside the pianos. These motors interpret an acoustic analysis of plunderphonic sound made up of piano solos by figures such as Sun Ra, Duke Ellington and György Ligeti, transforming the pianos into vibrating surfaces.
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November 10, 2008. Development & maintenance: DIM.